Application distribuée de schémas académiques pour l’analyse et la structuration du débat social (SBDFMS/APA/S)

Cette page rassemble les théories existantes que l’on combine pour découper une discussion en références primaires (sourcées), mécaniques observées, propositions et arguments. L’objectif n’est pas l’exhaustivité doctrinale mais la commensurabilité : ranger dans quelques catégories une infinité de possibilités, afin de rendre lisible la structure d’un débat collectif.

Une assemblée ne produit pas un seul type d’argumentaire. Constater un fait, définir un terme, modéliser un mécanisme, adopter une proposition pour atteindre un but : ce sont quatre opérations distinctes qui appellent des structures différentes. Aplatir le tout dans une seule chaîne, comme nous le faisions au départ, marche pour l’évidence factuelle, mais devient très insuffisant dès qu’apparaissent des choix collectifs. La théorie de l’argumentation a tranché cette tension dès les années 1950. On hérite de son vocabulaire.

Notation synthétique

Primaires (SBDFMS) = Source  —  Bib  —  Def  —  Fact  —  Meca  —  Systm.exp
Secondaires (APA) = Aim  —  Prop  —  Arg
Scores grids (S) = grille de scores primaires / grille de scores secondaires

Scores % permet, de manière secondaire, une évaluation des deux composants principaux du débat : les faits constatés et la logique. La logique elle-même se décline en deux temps : celle quasi mathématique d’évidence — dite primaire — et celle construite secondairement sur des intentions et des choix — que je propose d’appeler secondaire.

Mnémotechnique (interne) : « Some Beautiful Dick For My Sister / A Pure Atrocity / Stop-it! » — bad joke assumée pour retenir SBDFMS / APA / S.

1. IBIS — Issue-Based Information System

Horst Rittel & Werner Kunz, 1970 ; Jeff Conklin, années 2000.

Conçu pour les wicked problems : problèmes politiques, urbanistiques, organisationnels. Trois entités :

  • Issue — la visée au sens d’objectif politique poursuivi (ce que TCollectif appellera Aim). Une Issue n’est pas une question : c’est un but qu’on cherche à atteindre.
  • Position — une réponse possible (la Proposition chez TCollectif). C’est elle qui prend la forme d’une question : « adopter X ? oui/non ».
  • Argument — pour ou contre une Position.

Une Issue/Aim génère plusieurs Positions/Propositions concurrentes ; chaque Proposition attire des Arguments pro et con. La décision consiste à adopter une Proposition. Implémentations : Compendium, DebateGraph, Deliberatorium (MIT).

Ce que cela apporte à TCollectif : la Proposition comme entité centrale du débat collectif (le « oui/non » qu’on tranche), distincte du Fact (qui ne se vote pas) et de l’Aim (la finalité poursuivie, qui se valide collectivement mais ne se discute pas par PRO/CON).

2. Modèle de Toulmin

Stephen Toulmin, The Uses of Argument, 1958.

L’anatomie d’un argument unique, en six composantes :

  • Claim — la conclusion qu’on veut établir.
  • Data (Grounds) — les faits sur lesquels on s’appuie.
  • Warrant — la règle d’inférence qui relie Data à Claim.
  • Backing — ce qui justifie la Warrant.
  • Qualifier — modalité (probablement, sauf si…).
  • Rebuttal — conditions où l’argument tombe.
Ce que cela apporte : le Warrant, c’est-à-dire le principe d’inférence explicite. C’est là que se nichent la plupart des sophismes : une Warrant tacite que l’on accepte par défaut sans la formuler.

3. Argumentation Schemes de Walton

Douglas Walton, Chris Reed & Fabrizio Macagno, Argumentation Schemes, Cambridge University Press, 2008.

Catalogue de soixante schémas standards : argument d’expert, argument par analogie, argument cause-effet, pente glissante, argument par les conséquences, argument par l’opinion populaire, etc. Chaque schéma vient avec ses critical questions qui le testent.

Ce que cela apporte : un vocabulaire partagé pour tagger les arguments au lieu de les laisser libres en prose. Un sophisme se définit alors comme un schéma reconnu dont les critical questions tombent.

4. Théorie des stases (Stasis Theory)

Hermagoras de Temnos (~150 av. J.-C.), Cicéron, Quintilien ; modernisée par Crowley & Hawhee.

Quatre stases ordonnées qui classent le type de désaccord en jeu :

  1. Conjecture (an sit) — « est-ce que cela existe ou s’est passé ? »
  2. Définition (quid sit) — « comment qualifier ce qui est en jeu ? »
  3. Qualité (quale sit) — « est-ce bon, juste, désirable ? »
  4. Procédure (quo modo agatur) — « qu’est-ce qu’on en fait, qui décide ? »
Ce que cela apporte : une typologie par stade du désaccord. Selon le stade, le format de discussion change. Les Facts répondent au stade 1, les Définitions au stade 2, les Buts au stade 3, les Propositions d’adoption au stade 4. Chaque stade appelle son propre schéma.

5. Rhétorique aristotélicienne — les trois genres

Aristote, Rhétorique, ~350 av. J.-C.

  • Délibératif — décisions sur l’avenir, mesure de l’utile et du nuisible : propositions, buts, adoptions.
  • Judiciaire (forensic) — jugements sur le passé, mesure du juste et de l’injuste : cas, raisonnement IRAC en droit.
  • Épidictique — discours sur le présent, mesure du beau et du laid, des valeurs partagées : constitutif des Buts.
Ce que cela apporte : TCollectif est massivement délibératif. La tradition aristotélicienne fournit le couple moyen → fin qui correspond directement à la dyade mécanisme → but.

6. System Dynamics & Causal Loop Diagrams

Jay Forrester (MIT), Industrial Dynamics, 1961 ; John Sterman, Business Dynamics, 2000.

Une mécanique au sens où on l’entend ici est exactement un causal loop : variables qui s’influencent mutuellement, parfois avec délai, formant des boucles de rétroaction (positives et négatives). System Dynamics formalise les compositions de mécaniques avec stocks, flux et signes d’influence.

Ce que cela apporte : la possibilité, à terme, de demander aux contributeurs un schéma causal explicite en plus du texte. Mode prose et mode diagramme causal peuvent cohabiter pour la même Meca.

7. MCDA — Multi-Criteria Decision Analysis

Bernard Roy (1968, école française ELECTRE) ; Thomas Saaty (1980, AHP).

Famille de méthodes pour comparer des alternatives selon plusieurs critères pondérés. Trois approches dominantes :

  • AHP (Saaty) : Analytic Hierarchy Process, comparaisons par paires.
  • ELECTRE (Roy) : sur-classement, gère les critères incommensurables.
  • TOPSIS : distance à la solution idéale.
Ce que cela apporte : un cadre formel pour la grille de scores primaires/secondaires. MCDA distingue d’emblée les critères cardinaux objectifs (vrai/faux) des critères ordinaux subjectifs (préférences) — exactement la séparation primaire/secondaire que l’on adopte ici.

Pour mémoire

Deux cadres supplémentaires que l’on n’utilise pas en première implémentation mais qui restent disponibles si le besoin émerge :

  • Pragma-dialectique (Frans van Eemeren & Rob Grootendorst, école d’Amsterdam) : l’argumentation comme processus en quatre stades de résolution de désaccord, avec un code de conduite normatif. Utile pour la modération assistée par IA et le détecteur de sophismes.
  • Cadres d’argumentation de Dung (Phan Minh Dung, 1995) : modèle abstrait formel où les arguments forment un graphe d’attaques. On calcule ensuite les sous-ensembles admissibles, stables ou préférés. Pertinent quand le volume d’arguments permettra un calcul automatisé de survie.

Découpage retenu pour TCollectif

Combinaison : IBIS comme squelette du débat, Toulmin à l’intérieur de chaque argument, schémas de Walton comme catalogue de tags, stases comme classification du type de question, System Dynamics en option pour les mécaniques formelles, MCDA pour les scores multi-critères.

Niveau Entité Cadre académique Rôle
Évidence Source / Bib Support épistémique
Conjecture (stase 1) Fact Walton — argument from sign / from evidence « cela existe / s’est passé »
Définition (stase 2) Definition Walton — argument from definition « X est un Y »
Mécanique Meca System Dynamics, causal loops « X cause Y dans ce contexte »
Système Systm System Dynamics composé « voici comment cela s’enchaîne »
Visée (stase 3) Aim Aristote délibératif — fin Objet de vote, mesure du désirable
Adoption (stase 4) Proposition IBIS — Position « voici ce que l’on devrait faire »
Argumentation Arg Toulmin (Claim+Data+Warrant) + tag Walton Défendre ou attaquer une Proposition

Toutes les entités primaires (Source — Bib — Definition — Fact — Meca — Systm) et secondaires (Aim — Proposition — Arg) sont implémentées dans TCollectif depuis mai 2026. Les détails d’usage sont publiés dans la zone d’administration des slashs Discord.

Grilles de scores

Un score unique noie l’information ; on adopte une grille multi-critères, distincte selon que la référence est primaire (truth-bound) ou secondaire (subjective, normée par une intention).

Primaires — Source, Bib, Def, Fact, Meca observée

Échelle épistémique. Maximum par défaut, baisse si problème détecté.

  • Origine — crédibilité de la source.
  • Précision — degré de détail et de spécificité.
  • Régularité / fiabilité — reproductible, source stable.
  • À jour — information non périmée.
  • Non controversé — pas de contestation active.
  • Commentaire majoritaire — agrégat textuel.

Secondaires — Aim, Proposition, Arg, Meca, Systm

Échelle d’appréciation. Variable, héritée des primaires sous-jacentes. Couvre toutes les couches dont l’évaluation passe par un jugement collectif (les couches subjectives Meca/Systm ont d’ailleurs un cycle de vie qui inclut explicitement hypothese).

  • Pertinence pour le but — sous 50 %, perte de point pour l’auteur.
  • Efficacité / pondération (PRO ou CON pour les arguments).
  • Coût.
  • Note de raisonnement.
  • Objectivité (absence de but caché).
  • Commentaire majoritaire.
Héritage : les secondaires héritent des primaires qu’elles mobilisent. Une Proposition dont les Facts sous-jacents sont controversés voit son score plafonné par le minimum des scores primaires de sa chaîne. Un argument fondé sur une Bib peu fiable ne peut pas culminer plus haut que sa source.

Note d’usage

Cette page sert de référence partagée. Les contributeurs n’ont pas à connaître les sept cadres pour participer : ils sont absorbés par l’interface (entités typées, tags, modaux). Le rôle de la page est de rendre traçable, en cas de litige doctrinal, sur quel terrain académique on s’appuie pour soutenir telle ou telle distinction du modèle.

Les évolutions du modèle suivront cette page. Les cadres complémentaires (pragma-dialectique pour la modération, Dung pour le calcul automatisé d’admissibilité) seront documentés ici à mesure de leur intégration.

Application dans TCollectif — la pile en action

Comment les sept cadres ci-dessus s’incarnent dans un outil opérationnel sur Discord et sur le web.

La théorie ne vaut que si elle fait. TCollectif transforme les cadres académiques en gestes quotidiens autour de deux verbes : nref (créer une nouvelle référence) et ref (la consulter, la citer, la mettre au panier). Chaque membre, sans connaître Toulmin ni Walton, agit pourtant selon Toulmin et Walton parce que l’interface matérialise la distinction.

Le geste fondamental : créer (`/nref`) et citer (`/ref`)

/nref ouvre un modal qui capture une nouvelle entrée dans la pile : une Source, une Bib, une Définition, un Fact, un Arg, un Meca, un Systm. Chaque type a son formulaire adapté : la Source demande son type canonique (livre, article scientifique, vidéo, etc.) ; la Bib demande sa précision spatiale (page, paragraphe, timestamp) ; l’Arg demande sa polarité PRO/CON et le schéma Walton invoqué. L’effort de structuration est demandé au moment de la pose, pas après coup.

/ref consulte la pile existante. Le membre construit un panier de citations (le RefCart, persistant), formate son post avec les notations courtes {bib:13} {fact:24} {arg:7}, et publie. Le bot et le site développent ensuite ces notations en citations APA-like inline et en bibliographie complète en bas de post. La distinction création / consultation n’est pas un détail UX : elle correspond à la dichotomie recherche / argumentation en travail rhétorique réel.

Le rôle de chaque entité

Source — la matière première brute. Un document existant identifiable (livre, article, vidéo, dataset). On ne discute pas une Source en tant que telle : on en cite des extraits via Bib ou Def.
Bib — l’extrait contextuel. Pointe la Source à une page / un paragraphe / un timestamp précis, capture la citation verbatim. C’est ce qui permet de dire « cette source a dit X à cet endroit-là ».
Definition — le verrou sémantique. Sous-ensemble de Bib restreint aux extraits qui définissent un mot ou une notion. Tirée d’un dictionnaire ou d’une encyclopédie, elle court-circuite le débat sur le sens — on ne discute pas que « expert » signifie « spécialiste reconnu ». Particularité TCollectif : chaque Définition porte une charge pragmatique via ses actions (ce qu’invoquer ce mot déclenche dans le débat) et réactions (ce qui en module la portée).
Fact — l’assertion ancrée. Phrase déclarative « X est le cas » soutenue par 0..N Bibs (les preuves) et 0..N Defs (les clarifications de termes). Couche objective : contestable, mais pas en valeur — en exactitude factuelle.
Arg — la chaîne déductive. Prose libre qui combine plusieurs Facts (et Defs si besoin) en un raisonnement orienté PRO ou CON d’une hypothèse. Tagué optionnellement par un schéma Walton (argument d’expert, par analogie, par les conséquences…). Le Warrant de Toulmin y est explicite.
Meca — le mécanisme causal. Compose des Args et des Facts en un enchaînement « X cause Y dans tel contexte ». Couche subjective : son cycle de vie inclut un état hypothèse entre proposed et valid — un mécanisme se valide collectivement, par délibération.
Systm — la composition cohérente. Compose plusieurs Mecas, Args et Facts en une doctrine articulée. Modélise une vision globale du fonctionnement d’un domaine ou d’une réforme. Mêmes statuts que Meca (incluant hypothèse).

Les schémas Walton comme contrat d’argumentation

Tagger un Arg par un schéma Walton n’est pas un label cosmétique. C’est activer automatiquement les critical questions que ce schéma appelle. Si un membre invoque le schéma argument from expert, il accepte d’avance que les contradicteurs lui posent les cinq questions critiques de Walton : « E est-il vraiment expert de CE point ? », « Y a-t-il consensus du domaine ? », « E a-t-il un conflit d’intérêt ? », etc. Le débat ne se règle plus à l’invective : il se règle à la liste de questions, contractuellement engagée par le geste de tagger. Le catalogue des 58 schémas est la grammaire commune.

Le moteur de champ lexical pragmatique

Une définition de dictionnaire donne le sens. Le champ lexical donne les synonymes. TCollectif ajoute une troisième couche : la charge pragmatique. Chaque Def porte ses actions et réactions attachées, et les passes lexicales (get_lexicon_pass1/2) enrichissent ce graphe via les dictionnaires généraux et les dictionnaires des 12 grandes catégories professionnelles (taxonomie ROME). Résultat : un mot dans la pile TCollectif n’est pas qu’une étiquette. C’est un nœud actif qui sait ce qu’il déclenche, ce qui l’invalide, et quels schémas argumentatifs il appelle.

Le contrôle de cohérence : /reasoning_check

À la demande, un membre peut soumettre un post structuré (un Arg, un Meca, un Systm) à un contrôle automatique. L’IA ne juge pas le contenu (vrai ou faux), elle analyse la chaîne déductive : les Facts cités soutiennent-ils la conclusion ? Le schéma Walton invoqué est-il correctement appliqué ? Les critical questions sont-elles satisfaites ? Le rapport remonte chaque pas du raisonnement avec un verdict solid / weak / gap / contradicts_premise, et surface les sophismes typiques (échecs connus du schéma) qui pourraient menacer l’argument.

La cascade-invalidation

Aucune entité de la pile n’est éternelle. Si une Source est invalidée (étude rétractée, vidéo supprimée, chiffre faux), la cascade descend automatiquement : les Bibs qui la citent deviennent cascade_invalid, les Facts qui s’appuient dessus aussi, les Args qui s’appuient sur ces Facts également, et ainsi de suite jusqu’aux Systms. Status calculé dynamiquement, pas figé. Cela garantit la fraîcheur épistémique du débat — quand une preuve tombe, tous les édifices argumentatifs qu’elle soutenait sont marqués pour révision.

Pondération par expertise vérifiée (auto_check)

Quand un membre invoque son autorité dans un débat (« en tant qu’avocat… ») et que le système flag potentiellement un argument d’autorité (sophisme typique du schéma Walton expert mal appliqué), un auto_check vérifie le profil métier ROME validé par les pairs du membre. Si son métier match le sujet, le sophisme est downgradé en niveau light : le flag reste visible (transparence) mais ne pénalise pas le score d’authenticité du membre. L’expertise vérifiée n’est plus invoquée, elle est connue de la pile et joue son rôle automatiquement.

Au-delà de TCollectif — éventail d’applications

L’outil est conçu pour C2.0 mais sa structure n’est ni partisane ni circonstancielle. La pile peut servir partout où un débat collectif a besoin de tracer ses sources, de structurer son raisonnement et de se rendre auditable.

📰 Presse, journalisme d’investigation — séparer dans un dossier de presse les Sources (documents bruts), les Bibs (citations exactes), les Facts (assertions tirées des Bibs), les Args (interprétations du journaliste). Permet au lecteur de remonter chaque affirmation à son origine. Les sophismes typiques (homme de paille, faux dilemme…) sont automatiquement flagés. Standard de transparence inattaquable.
🔬 Presse et revue scientifique — la Bib et le Fact reproduisent la mécanique d’une revue de littérature : chaque assertion ancrée par 1..N citations, traçables. La cascade-invalidation couvre la rétractation d’études (un fléau du domaine). Les schémas Walton remplacent l’intuition rhétorique par un cadre normé. Les méta-analyses deviennent compositions de Mecas.
💬 Modération sur réseaux sociaux — détection automatique des sophismes par taxonomie Walton, pondérée par auto_check sur l’expertise vérifiée. Évite à la fois la censure (le flag est transparent et révisable) et le laisser-faire (les attaques ad hominem, les généralisations abusives, les inversions de la charge de la preuve sont nommées). La modération n’est plus un jugement humain isolé : elle est argumentée par la pile.
⚖️ Discussion d’articles de loi — chaque proposition d’amendement devient une Proposition liée à un Aim (l’objectif politique poursuivi), soutenue par des Args ancrés dans des Facts. La grille de scores secondaires (pertinence pour le but, efficacité, coût) rend le débat parlementaire commensurable. Les rapporteurs peuvent générer un diff de raisonnement entre deux versions d’un texte.
🏢 Décision en entreprise — la pile s’applique aux comités de pilotage, aux choix d’architecture technique, aux arbitrages stratégiques. La séparation Mécanisme / Système / Proposition empêche la confusion entre « comment ça marche » et « ce qu’il faut décider ». Les schémas Walton donnent une grille d’audit aux argumentum ad personam et appels à l’autorité typiques des dynamiques internes.
🎓 Pédagogie et formation — apprendre à argumenter via les schémas Walton, à sourcer via Bib, à distinguer Fact / Arg / Meca devient un curriculum. La grille de scores rend les essais étudiants évaluables sur des critères structurels indépendants du contenu.
🗳️ Cas particulier C2.0 — crédibilité du R.I.C.

L’objet politique central de La Commune 2.0 est le Référendum d’Initiative Citoyenne, formalisable en une chaîne : citoyens collectent un débat → débat structuré en pile TCollectif → Aim/Proposition/Args validés collectivement → texte court soumis au vote. Sans pile, un R.I.C. est attaquable comme « question mal posée », « biais partisan », « sources non vérifiées ». Avec la pile, chaque proposition arrive avec son arborescence complète : qui a sourcé, quels facts soutiennent, quels arguments militent pour ou contre, quelles critical questions ont été tranchées, quel score multi-critères a été retenu. Le R.I.C. devient inattaquable sur sa forme et le débat se recentre sur le fond. C’est la condition technique pour que la procédure démocratique survive à l’ère de la désinformation.

L’outil n’est pas une fin en soi. C’est une infrastructure de débat. Comme la double-comptabilité au XVe siècle ou le format MARC pour les bibliothèques au XXe, la pile SBDFMS/APA/S est un standard cherchant à commensurer ce qui ne l’était pas, pour permettre à des humains de raisonner ensemble sans réinventer à chaque débat les règles élémentaires de la rigueur argumentative.

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