Dictionnaire de transcription — pseudo-légale

Après avoir découpé et transcrit un texte en unités de signification, une étape supplémentaire est parfois utile : transposer ces unités dans le vocabulaire du droit. Non pour juger — nous ne sommes pas un tribunal — mais pour deux raisons précises : donner à tous les textes une base de comparaison commune, et améliorer la recherche des articles de loi pertinents. Gérard Cornu (1990) l'a montré : la langue du droit est un registre à part entière, aux termes quasi univoques. C'est ce registre que nous visons.

1. La loi se définit elle-même

Nous n'avons pas eu à acheter de dictionnaire : le droit français définit ses propres termes. « Au sens du présent code, on entend par… », « est défini comme… » — ces tournures parsèment les textes. Nous en avons extrait plusieurs milliers de définitions, chacune sourcée à son article (identifiant ELI + lien Légifrance). C'est notre matière première, gratuite et faisant autorité.

2. Le mode « préférence » — pas un dictionnaire figé

Plutôt que de pré-compiler des tables de correspondance rigides (à gauche un sac de synonymes, à droite un mot), nous ne gardons que des bacs de mots préférés : les termes canoniques du droit. À la lecture, si un mot du texte est reconnu comme l'équivalent d'un préféré, c'est le préféré qui vient à sa place ; si deux conviennent, celui qui sert le mieux en contexte. On n'a rien à figer d'avance, et les bacs s'enrichissent à l'usage.

« virer quelqu'un »LICENCIER (contexte : droit du travail) « mettre à la porte »EXPULSER (contexte : droit locatif)

Le même groupe d'expressions courantes mène à un terme légal, mais lequel dépend de la matière — ce qui nous amène au point suivant.

3. Sectorisé par matière

Pour choisir le bon terme et rester rapide, on réduit d'abord le champ : le vocabulaire est découpé par matière juridique (le même découpage qui répartit le travail entre les machines). Travail, environnement, urbanisme, presse… chaque matière a son bac de termes préférés. On ne cherche pas dans tout le droit à chaque mot, mais dans le bon secteur.

4. Une construction citoyenne et frugale

Le dictionnaire se fabrique sur nos propres machines — et bientôt sur celles des membres qui prêtent un peu de calcul — sans dépendre d'un service payant. Chaque terme est nettoyé et rattaché à sa définition d'origine. Une fois un texte transcrit terme à terme, une passe d'harmonisation finale lisse la forme (accords, fluidité) sans retoucher les termes ni réinterpréter le fond.

« Pseudo-légal » — le mot compte. Nous transposons dans le registre linguistique du droit, nous ne rendons pas d'avis juridique et ne qualifions aucun fait. Choisir le terme « licenciement » n'affirme pas qu'un licenciement a eu lieu ni qu'il est fautif — c'est une aide à la lecture et à la recherche, traçable jusqu'à sa source, jamais une conclusion. La qualification juridique reste l'affaire des professionnels du droit. Réservé aux membres, affiché comme expérimental.

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